dimanche 30 mars 2008

La langue et le malaise qui ne veut pas disparaître

Je n’aborde pas la question de la langue française au Québec avec légèreté. C’est, pour moi, un sujet quotidien de préoccupation. Parce que le gardien du stationnement où il m’arrive de garer ma voiture, près de la Cité du multimédia, ne me répond jamais qu’en anglais. Parce qu’il arrive régulièrement que je sois en contact professionnel avec des anglophones québécois travaillant dans le réseau de la santé, que certains d’entre eux s’adressent à moi en anglais et ne savent pas ou ne veulent pas utiliser le français. Parce que là où je réside, dans les Cantons de l’est, un pourcentage significatif d’anglophones de souche ne peut pas ou ne veut pas parler français. Parce que j’ai de bons amis anglophones, de souche ou d’origine étrangère, qui manifestent une certaine résistance à parler français. C’est très subtil, cela reste au niveau non verbal, mais l’agacement est perceptible. Le français, langue commune ? Non, pas encore et, à Montréal, j’ai l’impression qu’il l’est de moins en moins.

Suis-je victime d’une illusion due au fait que j’ai l’épiderme très sensible ? Car je dois dire que je connais aussi quantité de Québécois anglophones, de toutes conditions sociales, qui ne se font pas du tout prier pour utiliser le français. Et je leur en suis reconnaissant.

Mais le gardien du stationnement me pose un véritable problème existentiel. Je maîtrise suffisamment l’anglais pour comprendre et me faire comprendre partout sur la planète. Je l’écris aussi avec une certaine facilité. Dans quelle langue dois-je répondre au gardien du stationnement et aux professionnels qui me parlent en anglais ? Il est tellement facile, pour moi, de passer à l’anglais…

Si j’étais n’importe où dans le monde, ailleurs que dans un pays francophone, je serais fort heureux qu’on s’adresse à moi en anglais. Je le serais encore plus qu’on le fasse en français et ce serait une agréable surprise. Mais ici, au Québec, j’ai l’impression de mourir un peu pratiquement chaque fois qu’on me parle en anglais.

Je dis « pratiquement chaque fois » parce que cela dépend de la personne à laquelle je parle. Un visiteur étranger est, à mes yeux, dans une position très différente d’une personne vivant au Québec. Mon attitude et mon état d’esprit ne sont pas les mêmes, non plus, envers les membres des communautés autochtones québécoises. Nos positions relatives de groupes minoritaires dans un contexte beaucoup plus vaste impose une toute autre dynamique à nos relations.

D’un strict point de vue existentiel personnel, je dois donc décider si j’accepte de mourir un peu en répondant en anglais au gardien du stationnement, ou au courriel en provenance d’un hôpital anglophone montréalais. Je me pose cette question depuis plusieurs années sans avoir réellement pris le temps d’y réfléchir en profondeur. Aujourd’hui, je réponds : non, je ne l’accepte pas. Mais cela ne signifie pas que j’exige que mon interlocuteur me parle en français. Ce dont il est question va beaucoup plus loin que la simple utilisation d’une langue particulière.

C’est d’abord à moi-même que je dois respect et ce respect passe par la vérification que mon interlocuteur peut ou ne peut pas utiliser le français. Cette vérification est un message : pouvez-vous parler en français ? Elle est le signal clair que je valorise l’utilisation de cette langue. Si mon interlocuteur me répond négativement, il saura qu’il ne peut répondre à mon attente et en ressentira un certain malaise, très subtil. Maîtriser deux langues n’est-il pas plus avantageux que d’en parler une seule ? Il saura aussi que j’ai du respect pour ma propre langue et que je n’en attends pas moins de sa part. Le respect est une des conditions essentielles de toute relation harmonieuse et personne ne peut refuser de l’accorder sans de profondes conséquences négatives.

Voilà, ayant éclairé un peu la nature de mon malaise et la manière dont je désire y faire face, je me sens davantage en paix avec moi-même.

L’avenir de la langue française au Québec est évidemment une question dont l’issue est collective. Il repose en grande partie dans la manière dont s’expriment les communicateurs publics, les artistes, les intellectuels, ceux qui se font le plus entendre et qui doivent maîtriser le mieux la langue pour se faire comprendre.

Denise Bombardier, dans sa chronique publiée dans Le Devoir du 29 mars 2008, souligne que « nous ne sommes pas parvenus à faire du français une langue « séduisante » ». Sans le dire dans ces mots, elle déplore le manque de respect que nous démontrons envers nous-mêmes par le peu de souci que nous avons d’écrire et de parler correctement. « Et si nous n’étions que douloureusement réalistes ? », écrit-elle.

Je tiens le réalisme pour une grande qualité de l’esprit. Il permet d’avoir des jugements éclairés et de ne rien laisser dans l’ombre, des plus subtils malaises intérieurs aux plus brutales constatations géopolitiques. Mais la réalité n’est pas une donnée qui tombe sur les humains comme un météorite sur la Terre, elle est aussi notre propre création.

samedi 29 mars 2008

Trois documents de plus sur le Tibet

Ceci n'est pas à proprement parler un blogue. Je mets simplement à votre disposition la critique de deux livres qui viennent à peine d'être publiés et qui constituent des documents à ajouter aux informations dont nous disposons sur le Tibet et sur le Dalaï Lama.

Un de mes amis a également porté à mon attention un article paru dans Foreign Affairs, en janvier/février 1998. Cet article, The Dalaï Lama's Dilemma, est particulièrement bien documenté et présente le contexte politique et diplomatique de la question tibétaine depuis 1951. Vraiment, très instructif.


Le texte qui suit est tiré de l'édition du 22 mars 2008 de The Economist.

Two unusual new books analyse Tibet's turbulent past and its uncertain future

CHINA will not hear a word against its imperial claims to Tibet. Any criticism of how it behaves there draws a swift and sometimes brutal response from Beijing. That is what happened this month. On March 10th, the 49th anniversary of the first great uprising against China's military occupation, young Tibetans once again rose up against Chinese control and the takeover of Lhasa and other Tibetan towns by immigrant businessmen and workers. As before, Chinese troops were ordered to put down the rebellion. On March 18th the Chinese premier, Wen Jiabao, accused the Dalai Lama, Tibet's spiritual leader, of masterminding the violence from his home in exile in India.

Tubten Khetsun's “Memories of Life in Lhasa Under Chinese Rule” begins with that first uprising in 1959. The author was then 18 years old. He had recently passed the state entrance examination and was working for the government as a clerk when the rebellion against China began. He was at the Dalai Lama's summer palace on the edge of today's Lhasa when the Chinese responded by bombarding the residence. The Dalai Lama had already secretly left the country. As a member of a prominent Lhasa family of government servants Mr Khetsun was declared a “class enemy” along with the rest of his family and sentenced to five years in jail. All their property, including their house, was confiscated and the family was scattered.

Mr Khetsun was moved from prison to slave-labour camp and back again. When he was finally set free he could work only where his neighbourhood committee ordained. That meant labouring on government hydro-electricity stations or smashing stones on other building sites—under-paid jobs that only requisitioned labour could fill. Each day ten or 12 hours of heavy work was followed by two hours of political indoctrination and “struggle” sessions, a euphemism for the violent personal attacks the Chinese used to destroy dissent.

There is a deep sense of isolation reflected in this depressing and cruel story of men and women being deprived, crushed, starved and exploited. When news reached them of the Indo-China border conflict in 1962 and the Sino-Soviet clashes in 1969 they believed Tibet was about to be liberated. There are also some shocking descriptions of the Mao-induced famines when starving Tibetan prisoners would search the faeces and vomit of fellow prisoners for any food that had not been digested. The only humour in this setting is black. Tibetans who had collaborated in the Chinese takeover and who later fell victim to China's deadly political battles entered the work camps exuding ideological solidarity and eager-beaver enthusiasm, rushing from place to place with their heavy loads of stone. Within a few days they were broken hulks, emaciated and covered in sores, more helpless than the original camp inmates.

Pico Iyer, who is of Tamil origin, has written a very different book. A journalist son of an Indian-born academic, he grew up in Britain and California, was educated at Eton and Magdalen College, Oxford, and now lives in Japan with his Japanese partner. Mr Iyer is a man of many cultures, who has known the 14th Dalai Lama since he was a teenager, when his father first sought out the Tibetan leader in his exile in Dharamsala and took his uninterested son to meet him. This background has given Mr Iyer an access and insight into the Dalai Lama that lifts his writing above the clichés that normally surround him, whether it is Rupert Murdoch's “political old monk shuffling around in Gucci shoes” or the “living god” of some of his followers.

Mr Iyer is not a devotee of Tibetan Buddhism, but he admires the Dalai Lama's constant learning, his philosophy and his spiritual and secular insights. “The Open Road” is not a biography but it probably reveals more about its subject than any formal study. After nearly 30 years of annual visits to Dharamsala, Mr Iyer has met everyone of any significance in the Tibetan exile community. He takes the reader to the Dalai Lama's mass teachings in Japan, Canada, America and India.

The one word most commonly heard in the Dalai Lama's conversations and in this book is dialogue. Modernisation, surprisingly for a leader who is branded a “splittist” and feudalist by the Chinese authorities and has supposedly been reincarnated 14 times over as many generations, comes a close second.

It is easy to understand the Chinese leadership's fear of the Dalai Lama. Half a century after his escape from Chinese occupation his name inside Tibet is still as powerful as ever, perhaps more so given his access to the rest of the world and the support he now has in the West. As the symbol of Tibet's independence, the Dalai Lama is the only recognised international figure with the moral authority to chastise the Chinese authorities for their abuse of their own people as well as Tibetans. For all Tibetans, in exile or living under Beijing's rule, he is their homeland, their faith and their sense of self, as Mr Iyer explains. For this reason the Chinese government seems quite content to stall talks with him and his representatives on the assumption that he will die soon and that will be the end of it.

The Dalai Lama's suggestion that on his death he could be reborn outside Tibet is likely to cause some distress among Chinese rulers, if only briefly. The atheist Communist Party of China insists it is the only authority that can determine whose terrestrial body the soul of a dead monk will move to. But the Dalai Lama may have outwitted them. His latest “modernist” suggestion is an internationally observed referendum in Tibet and among the Tibetan diaspora to decide how or indeed if he should be reincarnated at all. Tibetan nationalism remains a determined and untiring force.

jeudi 27 mars 2008

Tibet – Chine : la compassion des puissants ou la domination des puissants

La semaine dernière, j’ai fait circuler la pétition électronique du groupe Avaaz.org demandant au président Hu Jintao d’avoir une réaction modérée aux émeutes qui secouent le Tibet et d’entamer des pourparlers avec le Dalaï lama.

Je me doutais que mon appel risquait de susciter des réactions, particulièrement de la part de certaines de ces personnes, mariées à des conjointes d’origine chinoise. Effectivement, une d’entre elles m’a dit diplomatiquement que « la situation au Tibet était assurément complexe » et une autre m’a renvoyé à un texte d’Élisabeth Martens, sinologue et auteure d’une Histoire du bouddhisme tibétain : la compassion des puissants. Cette auteure conteste fortement l’idée que le Tibet soit autre chose qu’une province chinoise et les Tibétains, un amalgame de peuplades tenues en servitude par un clergé dominateur. Son argumentation, cependant, ne cache pas du tout des accents ironiques et méprisants à l’égard du bouddhisme et de la spiritualité.

J’eus deux autres réponses négatives. La première venait d’un ami qui semblait plutôt favorable à l’opinion de Jacques Lanctôt, publiée sur Canoe. Celui-ci évoquait le fait que la CIA ait subventionné le Dalaï lama pour jeter le doute sur les enjeux réels des émeutes de Lhassa. Selon lui, ces émeutes font le jeu de l’Occident qui commence à avoir peur de la montée en puissance de la Chine. Les Chinois, plus diplomates, accusent plutôt le Dalaï lama d’être un diable à visage humain.

Le dernier refus fut d’un tout autre ordre : c'était celui de quelqu'un qui craint, en signant cette pétition, que son nom se retrouve sur une liste remise aux autorités chinoises et de ne jamais pouvoir mettre les pieds dans ce pays. Chacun sait que les dictatures ne plaisantent pas avec les délits d'opinion. En ce qui me concerne, étant déjà empêché d'entrer aux États-Unis depuis une bonne quinzaine d'années sans un très coûteux waiver annuel, je ne me sentirai pas dépaysé si son grand rival chinois m'impose la même restriction.

Il existe donc quatre types d’arguments évoqués contre l’idée d’un Tibet libre :

  • historiques : le Tibet fait partie de la Chine au moins depuis le 13e siècle ;
  • sociopolitiques : jusqu’à l'intervention militaire des Chinois en 1950, le Tibet était sous la domination d’une théocratie médiévale qui exploitait le peuple tibétain. Les Tibétains ont été "libérés" par les Chinois;
  • géopolitiques : le Dalaï lama est un pion utilisé par l’Occident et la CIA pour affaiblir la Chine;
  • antireligieux : toutes les religions exploitent le peuple et le bouddhisme tibétain ne fait pas exception.

L'article de Wikipédia sur le Tibet résume passablement bien l'histoire et les controverses qui perdurent sur le statut du Tibet et sa relation avec la Chine.

Les quatre types d'argument comportent tous une part de vérité mais ils ne sont certainement pas toute la vérité. D'autre part, justifient-ils qu’une nation très puissante (la Chine) se soit invitée par la force en 1950, puis ait écrasé les révoltes successives qui ont secoué le Tibet depuis cette époque ? Justifient-ils l’étouffement des libertés fondamentales ? Justifient-ils que la Chine ait expulsé du Tibet tous les journalistes pouvant rapporter librement les faits sur son intervention actuelle?

Manifestement, les Tibétains ne partagent pas la même opinion que les Chinois sur leur destin. Manifestement, le Tibet représente le grain de sable qui fait grincer la machine de contrôle imposée par le Parti communiste. Manifestement, le Dalaï lama vient introduire des notions de dialogue et de respect largement étrangères aux jeux de pouvoir habituels entre les peuples et les pays. Tout ça vient certainement contrecarrer les plans de communication de ce qui s’appelle encore un régime dictatorial.

Ceci ne justifie en rien les violences des Tibétains envers les Chinois, que nous avons tous vues la semaine dernière. The Economist, dont le correspondant était le seul journaliste occidental sur les lieux, a qualifié ces violences de «soulèvement anticolonialiste».

J’ai fait mes devoirs en ayant pris connaissance des arguments contre les appels d’Avaaz à l’endroit du gouvernement chinois. Aucun de ces arguments ne tient la route quand il est question de liberté. Tous les peuples ont le droit de protéger leur culture et de choisir librement leur destin. Tous les individus ont des droits fondamentaux.

C’est pourquoi je n’hésite pas à soutenir encore une fois l’appel d’Avaaz.org qui vise désormais à recueillir deux millions de signatures d’ici le 31 mars, jour choisi pour des manifestations partout à travers le monde en faveur du dialogue entre la Chine et le Dalaï lama.

Pour signer la pétition, cliquez sur ce lien.

J'espère seulement que les gens qui s'opposent aux pressions occidentales sur la Chine sont aussi capables de respecter les Tibétains qui se lèvent debout pour défendre leurs droits comme peuple et comme êtres humains.

lundi 24 mars 2008

Présentation

L'esprit neuf a d'abord été un projet de revue. L'idée de cette revue me travaille depuis près de 10 ans. Cependant, compte tenu des efforts réclamés par une telle entreprise et du peu de temps que je pouvais y consacrer, je n'ai jamais établi d'échéancier pour passer à l'acte. Mon idée est donc restée en l'état, même si je la peaufinais de temps à autre, et l'horizon de sa concrétisation est demeuré aussi éloigné qu'au jour où je l'ai pensée pour la première fois.

Par contre, entretemps, j'ai pu réaliser un autre de mes projets: déménager à la campagne et m'installer dans un environnement propice à la réflexion, à l'écriture et à la méditation. Comme je le souhaitais, la conséquence de ce déménagement a été que le démon de l'écriture s'est fait de plus en plus insistant et mon désir d'échanges intellectuels de plus en plus vif. Ceci me mène directement à aujourd'hui où j'ai finalement décidé que le plus pressant était de mettre quelque chose en marche. Écrivant ces mots, je sens en moi l'excitation des premiers pas. C'est une sensation que je connais bien, l'ayant déjà vécue à quelques reprises: on s'avance sur une route inconnue, on sait qu'on ne sait pas où ça nous mènera, mais l'intention est claire.

Je suis cependant dans un état d'esprit bien différent de celui que j'ai apporté à tous mes projets antérieurs. Cette fois-ci le but est le chemin, la manière de se promener et non un endroit particulier où aller. Tous les endroits sont intéressants, toutes les journées sont de bonnes journées.

Peut-être aurais-je attendu encore quelques semaines avant de me lancer si je n'avais eu une série d'échanges inattendus avec des gens que je tiens en grande estime. Ces échanges furent la conséquence de l'invitation que j'ai lancée, la semaine dernière, à plusieurs dizaines de personnes de signer la pétition du groupe Avaaz.org réclamant du gouvernement chinois qu'il réagisse avec modération aux événements qui viennent de secouer le Tibet et entreprenne des discussions avec le Dalaï lama.

Deux de ces personnes ont répondu négativement à mon appel et une troisième m'a dit très diplomatiquement que « la situation au Tibet était assurément complexe ». Cette série d'échanges m'est donc apparue comme une réelle occasion d'entrer en dialogue avec des gens qui ne pensent pas comme moi. Le Tibet et la Chine sera donc le thème du deuxième blogue et ma première tentative, en ce lieu, d'un vrai dialogue au sens où l'entendait Martin Buber.

Avant de terminer cette présentation, je voudrais dire un mot sur le moyen utilisé pour communiquer. Étant actif dans le monde de l'information depuis plus de 35 ans, je constate tous les jours que les nouveaux outils de communication permis par Internet n'ont pas fini de révolutionner notre manière de communiquer. En 1994, lorsque j'appris l'existence d'Internet, j'ai réalisé immédiatement le potentiel de l'outil. La même année, je lançais une première application. Évidemment, j'étais un peu trop en avant de la parade mais mon intuition s'est avérée juste.

Je ne sais pas jusqu'où nous mènera cette reconfiguration radicale des outils de communication employés par les humains, mais il n'y aura pas de retour en arrière. C'est pourquoi je me suis dit qu'il était inutile d'attendre davantage et qu'il fallait profiter dès maintenant des possibles. J'aborderai donc régulièrement le thème des technologies de communication et j'expliquerai au besoin comment s'en servir.

Voilà, aujourd'hui, je reprends la parole. Et je vous invite à vous joindre aux conversations. Nous vivons une époque étonnante qui pourrait se comparer, d'une certaine manière, à celle de la décennie 1960-1970. Don't waste the opportunity. It will not come back before you're dead!

Christian Lamontagne

P.S.
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